Emprunter après 60 ans : est-ce possible ? démarches, garanties et astuces pour renforcer son dossier

Emprunter après 60 ans : est-ce possible ? démarches, garanties et astuces pour renforcer son dossier

Emprunter après 60 ans : est-ce vraiment possible ?

Vous vous demandez si les banques prêtent encore après 60, 65 ou même 70 ans ? Vous avez peut-être un projet en tête : aider un enfant, rénover votre logement, changer de voiture, ou simplement regrouper des crédits pour alléger vos mensualités.

Bonne nouvelle : oui, il est possible d’emprunter après 60 ans. Mais les règles du jeu ne sont pas tout à fait les mêmes qu’à 40 ans. Les banques regardent de plus près certains points : votre santé, vos revenus à la retraite, la durée du prêt…

Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon clair et pratique : ce que les banques regardent, les démarches à faire, les garanties possibles, et surtout des astuces concrètes pour renforcer votre dossier.

Ce que les banques regardent en priorité après 60 ans

Passé 60 ans, les établissements ne se focalisent plus sur votre « carrière à venir » mais sur la stabilité de votre situation.

En pratique, la banque va surtout analyser :

  • Vos revenus actuels et futurs : pensions de retraite, rentes, revenus locatifs, épargne.
  • Votre âge au moment de la fin du prêt : 75, 80, 85 ans selon les banques et le type de crédit.
  • Votre état de santé : via l’assurance emprunteur, surtout pour les montants importants.
  • Votre taux d’endettement : généralement 35 % maximum de vos revenus.
  • Votre reste à vivre : ce qu’il vous reste une fois toutes les charges payées.

Exemple concret : Marie, 64 ans, veut faire un prêt de 40 000 € pour refaire sa maison. Elle touche 1 700 € de retraite, n’a plus de crédit, et possède une petite épargne. Son dossier a été accepté avec une durée courte (8 ans) et une assurance emprunteur adaptée à son âge.

À retenir : après 60 ans, ce qui compte le plus, c’est la solidité de votre situation et non votre âge seul. Un dossier bien préparé peut faire toute la différence.

Quels types de crédits sont accessibles après 60 ans ?

Vous n’aurez pas les mêmes conditions selon le type de projet. Il existe trois grandes catégories de prêts courants après 60 ans.

1. Le crédit à la consommation (voiture, travaux, aide à un proche, trésorerie…)

  • Montants généralement entre 500 € et 75 000 €.
  • Durées plus courtes (souvent jusqu’à 7 ou 10 ans).
  • Assurance parfois facultative, surtout pour les plus petits montants.

Pour ce type de crédit, l’âge est moins bloquant que pour l’immobilier, surtout si vous avez un bon historique bancaire.

2. Le crédit immobilier classique (achat, résidence principale ou secondaire, investissement locatif)

  • Assurance emprunteur quasi systématique.
  • Âge limite en fin de prêt : souvent 80 ou 85 ans, parfois moins.
  • Durée plus courte proposée aux seniors : 10, 15 ou 20 ans plutôt que 25 ans.

Il est tout à fait possible d’acheter à 60 ou 65 ans, à condition d’accepter des mensualités un peu plus élevées sur une durée réduite.

3. Le prêt viager hypothécaire et le prêt hypothécaire « senior »

Moins connus, ces prêts sont réservés aux propriétaires :

  • Prêt viager hypothécaire : la banque vous prête de l’argent en prenant une hypothèque sur votre logement. Vous ne remboursez pas de votre vivant, le montant est récupéré à la succession.
  • Prêt hypothécaire classique « senior » : vous remboursez chaque mois, mais la banque est rassurée par la valeur de votre bien.

Ces solutions peuvent être intéressantes si vos revenus sont modestes mais que vous avez un patrimoine immobilier.

Assurance emprunteur : un point clé après 60 ans

C’est souvent l’assurance qui bloque plus que la banque elle-même, surtout pour les prêts immobiliers ou les gros montants.

Comment ça se passe ?

  • Vous remplissez un questionnaire de santé (antécédents, traitements en cours, hospitalisations…).
  • L’assureur peut demander des examens médicaux (prise de sang, électrocardiogramme…).
  • Selon votre état de santé, il peut :
    • Accepter sans condition particulière.
    • Accepter avec surprime (cotisation plus élevée).
    • Exclure certaines garanties (par exemple, les problèmes de dos ou cardiaques déjà connus).
    • Refuser de vous assurer.

À savoir : depuis la loi Lemoine, pour certains prêts immobiliers :

  • Pas de questionnaire de santé si :
    • Le montant assuré est inférieur ou égal à 200 000 € par personne (400 000 € pour un couple),
    • Et que le prêt se termine avant vos 60 ans.

Passé 60 ans, ce dispositif s’applique donc rarement, mais il peut être utile si vous anticipez un projet avant votre départ en retraite.

Astuce : vous avez le droit de choisir une autre assurance que celle proposée par la banque (on parle de « délégation d’assurance »). Un courtier ou un comparateur spécialisé peut parfois trouver une assurance moins chère ou plus ouverte aux seniors.

Les garanties possibles pour rassurer la banque

Au-delà de l’assurance, il existe d’autres moyens de rassurer l’établissement prêteur, surtout après 60 ans.

Parmi les garanties fréquentes :

  • L’hypothèque : la banque prend une garantie sur un bien immobilier que vous possédez. En cas de non-paiement, elle pourra se rembourser sur ce bien.
  • Le cautionnement : un organisme de caution (ou parfois un proche) s’engage à payer si vous ne pouvez plus le faire.
  • Le nantissement d’une épargne : vous « bloquez » une partie de votre épargne (assurance vie, livret) en garantie.

Exemple de terrain : Jacques, 68 ans, veut un crédit pour aider sa petite-fille à financer ses études. Sa banque lui propose un crédit avec une garantie sur son assurance vie qu’il n’a pas besoin de racheter. Le dossier passe facilement, sans assurance emprunteur, car l’épargne couvre largement le montant prêté.

À retenir : avoir un bien immobilier ou une épargne disponible est un véritable atout pour emprunter après 60 ans. Pensez à le mettre en avant dès le début.

Préparer son dossier : les documents à rassembler

Un dossier clair, complet et bien rangé donne tout de suite une image sérieuse. Cela peut vraiment peser dans la décision, surtout si votre situation est un peu « limite ».

Voici la check-list des documents généralement demandés :

  • Pièce d’identité et livret de famille (si besoin).
  • Justificatif de domicile récent (facture électricité, téléphone…).
  • Trois derniers relevés de compte bancaire.
  • Justificatifs de revenus :
    • Derniers relevés de pension de retraite,
    • Justificatifs de rente,
    • Revenus locatifs (baux, avis d’échéance, etc.).
  • Dernier avis d’imposition.
  • Tableau d’amortissement de vos éventuels crédits en cours.
  • Documents liés au projet :
    • Devis de travaux,
    • Compromis de vente (immobilier),
    • Justificatif de besoin de trésorerie (aide à un enfant, rachat de soulte…).

Astuce pratique : préparez un petit résumé sur une feuille : montant demandé, durée souhaitée, objectif du prêt, garanties possibles (bien immobilier, épargne), situation familiale. Cela montre que vous avez réfléchi en amont.

Comment augmenter vos chances d’acceptation ?

Il existe plusieurs leviers concrets pour rendre votre dossier plus solide.

1. Adapter le montant et la durée du prêt

  • Ne demandez pas le maximum « théorique ». Calculez ce que vous pouvez réellement rembourser sans vous mettre en difficulté.
  • Préférez une durée un peu plus courte, quitte à réduire le montant emprunté. La banque appréciera que le prêt se termine avant un âge très avancé.

2. Soigner votre taux d’endettement

  • Vérifiez que vos mensualités (crédits + futur prêt) ne dépassent pas environ 35 % de vos revenus.
  • Si besoin, voyez s’il est possible de :
    • Rembourser un petit crédit avant d’en contracter un nouveau,
    • Regrouper plusieurs prêts en un seul pour baisser la mensualité globale.

3. Mettre en avant votre bonne gestion

  • Évitez les découverts dans les mois qui précèdent la demande.
  • Si vous épargnez régulièrement, signalez-le : cela montre votre sérieux.
  • Expliquez une fois pour toutes les éventuels incidents passés (changement de situation, problème ponctuel réglé).

4. Ne pas hésiter à consulter plusieurs banques

  • Chaque établissement a sa propre politique vis-à-vis des seniors.
  • Un refus dans une banque ne signifie pas un refus partout.
  • Un courtier en crédit peut vous aider à présenter votre dossier au bon interlocuteur.

À retenir : vous avez un rôle actif dans la construction de votre dossier. Plus vous anticipez, mieux vous pouvez négocier.

Questions clés à poser à votre conseiller

Pour ne pas ressortir d’un rendez-vous avec plus de questions que de réponses, vous pouvez préparer quelques questions à poser.

Par exemple :

  • « Jusqu’à quel âge pouvez-vous prêter si le prêt est bien assuré ? »
  • « Proposez-vous des produits spécifiques pour les retraités ? »
  • « Est-il possible de réduire la durée si je fais un apport plus important ? »
  • « Puis-je choisir une autre assurance emprunteur que celle de la banque ? »
  • « Quelles garanties acceptez-vous : hypothèque, caution, nantissement d’une épargne ? »
  • « À partir de quel âge l’assurance devient-elle plus chère chez vous ? »
  • « En cas de difficulté de santé en cours de prêt, quelles sont les protections prévues ? »

Astuce : n’hésitez pas à prendre des notes pendant l’entretien, ou à demander un récapitulatif écrit. Cela vous permettra de comparer facilement plusieurs offres.

Et si votre santé est fragile ? Des pistes à explorer

Une maladie chronique, un antécédent de cancer, des soucis cardiaques… Ces situations n’empêchent pas toujours d’emprunter, mais elles peuvent compliquer l’assurance.

Plusieurs pistes existent :

  • Le droit à l’oubli : pour certains cancers et hépatite C, après un certain délai sans rechute (généralement 5 à 10 ans), vous n’êtes plus obligé de déclarer cette maladie à l’assureur. Cela peut changer complètement la décision.
  • La convention AERAS (« s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ») : dispositif qui oblige les assureurs et banques à étudier de manière approfondie les dossiers des personnes ayant un problème de santé, avec plusieurs niveaux d’examen.
  • Les garanties alternatives : si l’assurance reste trop chère ou est refusée, la banque peut parfois accepter :
    • Une hypothèque plus importante,
    • Un nantissement d’épargne,
    • Un co-emprunteur plus jeune et en bonne santé.

En résumé : un problème de santé ne signifie pas forcément « dossier impossible ». Mais il faut souvent accepter de comparer, de négocier, et parfois d’ajuster son projet.

Faut-il emprunter à la retraite ? Quelques repères pour décider

Au-delà de la faisabilité, une autre question importante se pose : est-ce raisonnable pour vous, ici et maintenant ?

Quelques repères pour y réfléchir :

  • Votre projet apporte-t-il un vrai plus à votre qualité de vie (logement plus confortable, travaux pour bien vieillir chez soi, véhicule fiable, aide concrète à un proche) ?
  • La mensualité prévue vous laisse-t-elle un reste à vivre confortable pour vos dépenses courantes, vos loisirs, vos imprévus de santé ?
  • Avez-vous envisagé des alternatives : aides publiques pour les travaux, solutions d’aménagement moins coûteuses, autres aides familiales ?
  • Ce crédit risque-t-il de peser sur vos proches plus tard (par exemple, s’il est adossé à un bien qu’ils comptent récupérer) ?

Exemple vécu : un couple que j’ai accompagné souhaitait refaire entièrement sa maison à crédit. Après calcul, la mensualité aurait réduit fortement leur budget loisirs et petites vacances, qui comptaient beaucoup pour eux. Ils ont finalement choisi de faire seulement les travaux essentiels avec un plus petit crédit, et de garder une marge de manœuvre financière.

À retenir : pouvoir emprunter ne signifie pas que l’on doit forcément le faire. L’important est de rester en accord avec vos priorités de vie et votre tranquillité d’esprit.

Mot de la fin : après 60 ans, emprunter reste possible, à condition de bien préparer son dossier, d’oser poser des questions et de défendre son projet. Ne vous censurez pas d’emblée à cause de votre âge. Informez-vous, comparez, et entourez-vous si besoin (courtier, conseiller bancaire de confiance, proche à l’aise avec les chiffres) pour avancer en toute sérénité.

Andrea

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