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Garder du lien social quand on vieillit : astuces pour rompre l’isolement et élargir son cercle de proches

Garder du lien social quand on vieillit : astuces pour rompre l’isolement et élargir son cercle de proches

Garder du lien social quand on vieillit : astuces pour rompre l’isolement et élargir son cercle de proches

Il vous arrive de passer plusieurs jours sans voir personne, à part le facteur ou la caissière du supermarché ? Vous sentez que votre cercle de proches s’est rétréci avec les années ? Rassurez-vous : c’est une situation fréquente… mais ce n’est pas une fatalité.

Garder du lien social en vieillissant n’est pas qu’une question de « distraction ». C’est une vraie question de santé, d’équilibre et de qualité de vie. Dans mon ancien métier de travailleuse sociale, j’ai souvent vu des personnes « revivre » simplement parce qu’elles avaient retrouvé des relations régulières, des rendez-vous qu’elles attendaient avec plaisir.

Dans cet article, je vous propose des pistes concrètes pour rompre l’isolement, élargir (ou reconstruire) votre cercle de proches et retrouver le goût des échanges, à votre rythme et selon vos envies.

Pourquoi le lien social est si important en vieillissant

Avec l’âge, plusieurs choses peuvent se cumuler : départ à la retraite, décès de proches, enfants qui habitent loin, mobilité réduite, déménagement… Peu à peu, le quotidien se vide de contacts. On ne s’en rend pas toujours compte tout de suite.

Pourtant, les études sont très claires : avoir des relations régulières et de qualité :

À l’inverse, l’isolement social augmente le risque de :

À retenir : garder du lien social, ce n’est pas « faire des efforts pour être sociable » si on n’en a pas envie. C’est se donner des occasions de parler, d’écouter, de rire, de partager. Même avec peu de personnes, mais régulièrement.

Faire le point : suis-je vraiment isolé(e) ?

Avant de chercher des solutions, il est utile de regarder votre situation en face. L’isolement ne se résume pas au fait de vivre seul.

Posez-vous quelques questions simples :

Si vous avez du mal à répondre, ou si les réponses vous attristent, ce n’est pas un échec. C’est un point de départ. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de vous dire : « D’accord, j’en suis là. Qu’est-ce que je peux changer, petit à petit ? »

Réactiver les liens existants : commencer par le plus simple

On veut souvent « rencontrer de nouvelles personnes », alors qu’on a déjà des liens en sommeil autour de soi. Parfois, il suffit de les réveiller.

Faites une petite liste :

Choisissez-en une ou deux et lancez-vous :

Souvent, l’autre personne est contente mais n’osait pas, elle non plus, reprendre contact. Vous lui rendez presque service en faisant le premier pas.

Astuce : fixez-vous un petit objectif réaliste, par exemple « appeler une personne par semaine » ou « proposer un café par mois à quelqu’un ».

Créer du lien à partir de ce que vous aimez faire

Il est plus facile d’aller vers les autres quand on partage une activité plutôt que de se retrouver face à face sans savoir quoi dire. La question à se poser est simple : qu’est-ce qui me fait plaisir ou m’a déjà plu ?

Quelques pistes :

Dans bien des communes, il existe des clubs seniors, des associations de quartier ou des centres sociaux qui proposent ce genre d’activités, parfois pour quelques euros par an.

En tant que travailleuse sociale, j’ai vu des personnes qui, au départ, venaient « juste pour voir » et restaient dans leur coin. Trois séances plus tard, elles échangeaient des recettes, riaient de bon cœur et organisaient un covoiturage pour venir ensemble.

À retenir : vous n’avez pas à devenir le boute-en-train du groupe. Votre simple présence est déjà un pas important.

Oser utiliser le numérique… à votre rythme

Beaucoup de seniors me disaient : « Internet, ce n’est pas pour moi ». Puis, une fois accompagnés, ils ont découvert tout un monde de possibilités pour garder le lien.

Quelques usages simples et utiles :

Si vous ne vous sentez pas à l’aise, des structures peuvent vous aider :

Important : vous n’êtes pas obligé d’être connecté en permanence ni de tout comprendre. Même si vous utilisez une seule fonction (par exemple les appels vidéo), c’est déjà un formidable outil pour garder le lien.

Transformer les « petits contacts » en vraies relations

Vous croisez sûrement déjà des personnes régulièrement : le voisin de palier, l’employé de la boulangerie, une dame au parc, le monsieur qui promène son chien… Ces petits échanges peuvent devenir le début d’une relation plus solide.

Comment faire, très concrètement :

Tout le monde n’acceptera pas, et ce n’est pas grave. L’idée est de multiplier les occasions. Sur dix tentatives, il suffit qu’une ou deux aboutissent à un lien qui compte vraiment.

S’appuyer sur les structures locales : vous n’êtes pas seul(e)

En France, beaucoup de dispositifs existent pour lutter contre l’isolement des seniors… mais ils sont parfois mal connus. Selon votre situation, vous pouvez vous tourner vers :

Si vous êtes un peu perdu dans toutes ces possibilités, n’hésitez pas à demander :

En pratique : notez deux ou trois structures à contacter, et prévoyez un moment dans la semaine pour passer un coup de fil ou vous y rendre.

Quand la santé ou la mobilité compliquent les choses

Parfois, sortir devient difficile : problèmes de marche, douleurs, fatigue, peur de chuter… Dans ces cas-là, on a tendance à se dire « ce n’est plus pour moi ». C’est faux : il existe des solutions adaptées.

Quelques pistes lorsque se déplacer est compliqué :

Dans mon expérience, même une visite d’une heure par semaine peut changer le visage d’une personne : moins de silence, moins d’angoisses, plus de repères dans le temps.

À retenir : si vous avez du mal à vous déplacer, parlez-en à votre médecin, à votre aide à domicile ou à l’assistante sociale. Ne restez pas seul(e) avec cette difficulté.

Se protéger tout en restant ouvert : garder le bon sens

Vouloir rompre l’isolement ne veut pas dire faire confiance aveuglément à tout le monde. Surtout si vous vivez seul(e), il est important de garder quelques règles de prudence :

Cela ne doit pas vous empêcher d’aller vers les autres, mais vous pouvez vous sentir plus tranquille en posant des limites claires.

Et si je suis timide… ou que je n’en ai plus « l’habitude » ?

Beaucoup de personnes âgées me disaient : « Je ne sais plus trop comment faire pour parler aux gens », ou « Je ne veux pas déranger ». C’est normal de se sentir rouillé(e) après des années à être surtout tourné vers le travail ou la famille.

Quelques idées pour se rassurer :

Avec le temps, vous verrez que les phrases viennent plus facilement, les visages deviennent familiers, et l’angoisse de « ne pas savoir quoi dire » diminue.

En résumé : avancer par petits pas

Garder du lien social en vieillissant n’est pas une question de caractère (« sociable » ou « pas sociable »). C’est une question de petites décisions répétées, adaptées à votre rythme.

Vous pouvez par exemple :

L’important n’est pas de multiplier les connaissances, mais de cultiver quelques liens qui comptent. Une voisine avec qui vous échangez régulièrement, un petit groupe de marche, un appel hebdomadaire avec un ami peuvent suffire à transformer votre quotidien.

Et si vous vous dites que « c’est trop tard » ou que « le train est passé », permettez-moi de vous contredire : j’ai vu des amitiés très fortes naître à 75, 80, 90 ans. Il suffit parfois d’une rencontre, d’une invitation, d’un « bonjour » un peu plus long que d’habitude.

À vous maintenant de choisir le premier petit pas que vous avez envie de faire.

Andrea

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